Celui de trop

« – Uby. Doux, s’il vous plaît. »

C’est après cette phrase que le cours des choses à commencer à basculer, lentement.

On trinque, à cette rencontre, cette belle soirée. Lui avec sa bière, moi avec mon verre de vin blanc que j’ai eu tant de mal à choisir. J’ai 25 ans après tout, j’ai passé l’âge de boire un Perrier citron quand on m’invite à boire un verre.

Il fait lourd, et l’air est empli d’humidité, laissant une impression de moiteur.

Le mariage de sa soeur, nos boulots respectifs, mes tattoos, les siens.

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Deuxième verre.

Sa femme, mon couple.

On rit, tout est naturel, sans artifices. Je lui plais, je le sais, alors je n’ai pas fais de chichis, je porte les même fringues qu’au boulot. On reste dîner. Ce n’était pas prévu et je n’ai pas très faim.

« Ce n’est pas bon de sauter un repas Mademoiselle ! ». J’assure mes arrières, salade de chèvre, lardons parsemés d’ail. Le tue-l’amour par excellence.

Je picore dans mon assiette tout en papotant. Il regarde autour de lui, me prend la main. Je souris, un peu bêtement peut-être.

Troisième verre en mangeant.

L’heure tourne, on se sent bête, on ne sait pas comment se quitter. Alors on renchérit sur des sujets déjà évoqués. On rebondit sur des conversations ambiguës. Il est 23h30, les derniers employés mangent sur un coin du bar. Il est temps de partir. Je descends de ma chaise et me rend compte que je vacille un peu. Je ne me suis pas rendue compte à quel point ma tête tourne. Il est galant, me laisse le précéder. Dans ma tête, je ris, pensant « pour mieux mater mon cul ! ».

On ne se bagarre pas pour régler l’addition. Il veut me voir, il règle, c’est sans équivoque.

En regagnant la voiture, je rigole peut-être un peu trop fort, peut-être que ce dernier verre, c’était celui de trop.

Les lumières de la métropole m’éblouissent dans la nuit noire. Nous voilà déjà arrivé au pied de mon logement de fortune.

L’air est toujours très moite, une chaude nuit d’été. Il serait plus prudent qu’il reste dormir plutôt que reprendre la route. J’essaie de me convaincre qu’après tout, grand bien lui fasse de se faire prendre, ce ne sont pas mes oignons ! Il n’a pas envie de partir, de me laisser. Il pourra m’emmener prendre mon TGV demain matin.

« – Je n’ai qu’un lit. »

« – Je ne prends pas de place. »

Foutue pour foutue…

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Publié dans: Ego

2 réflexions sur “Celui de trop

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