Calais

Je te connaissais déjà, je passais souvent te voir. Admirer tes ferries depuis la jetée, déambuler sur la digue Gaston-Berger dans le froid de l’hiver, avec les premiers rayons de soleil du printemps, en plein été au milieu des touristes, buller en amoureux sur le sable, se promener au port. Le centre commercial à deux pas, l’Alhambra, les spectacles au Channel.

2015-12-28

Il y a quelques mois, j’ai décroché un boulot à Calais. J’allais désormais passée dix heures de ma journée dans la ville que j’aimais tant. J’allais pouvoir te découvrir davantage. À travers mon job bien sûr, mais aussi entre midi et deux. Et surtout, j’allais pouvoir errer avec ma solitude sur ta plage.

Au début, il y a eu l’exaltation. La nouveauté, la soif de te découvrir, toutes les opportunités qui s’offraient à moi. Les craintes des autres, je m’en foutais bien. Moi, les migrants je les vois tous les jours. Ils passent devant mon boulot, je les croise quand je vais me chercher à manger. Parfois ils rentrent et me demandent « where for the photo ? ». Ils s’excusent quand ils me bousculent. Je les vois sur les bords des routes, à travers les étendues plus si verdoyantes.

Je ne supporte pas qu’on mette les migrants que je « côtoie » dans le même panier que ceux qui « foutent le bordel ». Je comprends que l’on puisse être à bout, quand on subit les désagréments au quotidien, mais ce pourraient être d’autres désagréments, comme ceux que j’ai pu subir par de « bons petits français » : musique à fond, odeur et mégots de joints dans les parties communes, dégradations du véhicule, harcèlement moral…


Il y a quelques semaines, j’ai décidé d’aller vivre à Calais. Pour des raisons financières en premier lieu. J’aurai pu choisir une ville environnante, à proximité de Calais. Ça aurait sans doute rassuré Maman. Mais c’est bien toi que j’ai choisi, Calais.

Le matin, quand je me réveille et que je suis encore dans mon lit, j’entend les mouettes. C’est un délice. Si je me mets sur la pointe des pieds depuis la fenêtre de ma chambre, je vois même un peu la mer. Quand il y a beaucoup de vent, des petits grains de sable glissent sur le trottoir en bas de chez moi. Le samedi, il y a le marché Place d’Armes. Un air de petit village au coeur d’une si grande ville. On voit les côtes anglaises par beau temps.

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Je voudrais simplement vous dire que ce que vous voyez à la télévision n’est pas la vérité. J’aimerais vous faire comprendre qu’à Calais aussi la vie est belle. Il n’y a pas que des migrants et des gens qui en ont ras-le-bol. Il n’y a pas que des manifestations qui tournent mal comme on a pu le voir récemment. Il y a aussi des gens qui aiment leur ville et qui le disent. Il y a moi ! Alors même si parfois j’ai un peu peur quand je rentre tard le soir, je n’ai pas plus peur que quand j’habitais ailleurs. J’ai surtout de la peine. Pour ces gens qui ont parcouru des milliers de kilomètres, qui ont souffert, abandonné ou perdu des membres de leur famille, et qui se retrouvent bloqué ici, à Calais, parce qu’un jour on a décidé que le contrôle de la frontière britannique se ferait à Calais et non pas sur le territoire anglais (cf: Accords du Touquet, 2003). Mais j’ai encore plus de peine pour ces gens qui ont oublié de penser avec leur cœur. Qui sont emplis de haine, de rage, de colère. Ils ont oublié d’être humain, et ça c’est triste.

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Et si le célibat était la clef du bonheur ?

Pour la première fois depuis sept ans je serais célibataire à la Saint-Valentin.

L’occasion pour moi de me pencher sur les aspects positifs du célibat.

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→ Libertés 

C’est sans conteste l’avantage #1 ! Sortir quand et avec qui on veut. Aller au ciné voir une daube ou une comédie romantique. Ne plus avoir à dire «Je dois rentrer mon mec m’attend». Boire un verre après le boulot. Ne pas aller faire les courses si ça vous chante. Se contenter de la salade et des trois tomates-cerises dans le frigo. Danser et chanter à tue-tête (et faux) en petite culotte à travers l’appart.

→ Amis

Davantage de libertés rime souvent avec davantage d’amis. On peut enfin prendre soin à leur juste valeur de nos amis. Vous savez, ceux qui ont traversé avec vous toutes vos engueulades (et aussi un peu vos joies) avec Jules. On fait aussi de nouvelles rencontres, on élargit son cercle de connaissances et parmi eux se trouve peut-être des personnes qui vous accompagneront pour un bon bout de temps.

→ Qualité de vie

Seule, on organise sa petite vie :  On ne dépend plus de personne, ainsi on ne se calque plus sur le mode de vie d’un Autre. On peut décorer notre appart comme on veut. Plus besoin d’expliquer que «je te jure c’est trop tendance le vert d’eau en déco» devant un Jules sceptique. On peut se coucher à 21h sans passer pour une vieille mémère. Traîner en pyjama toute la Sainte-Journée sans risquer de briser son capital sex-appeal. Un chat ronronne dans le canapé. On est moins stressé, moins tendu : plus d’engueulades, plus de comptes à rendre, plus de caleçons sales qui traînent au pied du bac à linge.

→ Sacrifices

C’est bien simple, on ne connaît plus ce mot. L’amour est dans le pré, D&CO, La grande librairie, On n’est pas couché ont la part belle dans votre salon. Plus de matchs de foot (juste pour matter Thiago Motta, faut pas déconner quand même), plus de canettes vides à mettre au bac à verre (sauf quand VOS amis viennent chez vous), plus personne qui vous regarde de travers quand vous replongez votre main dans le paquet de chips.

 

Je n’oublie pas pour autant les côtés positifs de la vie de couple : les câlins, les fous rires, le plaisir de retrouver quelqu’un le soir,  le partage des frais, les papillons dans le ventre et toutes ces conneries…

Mais pour l’instant, laissez moi savourer mon nouveau statut de célibataire !

Et vous, quels sont (ou étaient) les avantages de votre vie de célibataire ?

Je m’en vais

Je suis partie. Un vendredi soir.

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Après une énième engueulade au téléphone, je suis rentrée, j’ai crié, pleuré, fais mon sac. Et je suis partie. D’abord me consoler dans les bras de l’amant n°15641865, puis chez une copine, où j’ai passé le weekend.

Le chocolat, le vin et le shopping m’ont aidé à me sentir mieux. À avoir le cœur un peu plus léger. Nos discussions durant deux nuits presque blanches m’auront fait prendre conscience qu’il ne servait à rien de s’acharner. Un peu plus d’une année déjà que je m’accrochais à cette relation, ce «nous» qui n’avait ni queue ni tête.

Il n’a pas cherché à entrer en contact avec moi de tout le weekend. J’ai donc décidé de rentrer le plus tard possible le dimanche soir. Je repoussais le plus possible ce moment. Pourtant il fallait que je rentre, il fallait que je prépare mes affaires pour ma semaine de boulot. Il fallait que je l’affronte.

Sans même un «Bonjour», un «tu vas bien ?», il a balancé un «je crois qu’il faut qu’on se sépare ?». Je ne voulais pas être encore celle qu’on quitte. Je n’ai jamais eu la force de quitter quelqu’un. Là, c’est comme si on ouvrait une écluse, tout a coulé (ou presque). J’ai glissé un «je serais partie plus vite que tu ne le penses». J’ai enchaîné sur «j’ai visité deux studios dans la semaine». Je crois que je lui ai coupé l’herbe sous le pied. J’ai vu ce que je ne voulais pas voir. Son visage qui se décompose. Ses beaux yeux bleus, tristes, et sa moue des mauvais jours. Mais je n’avais pas mal au cœur. Non au contraire, je me sentais toute légère. Libérée de mes entraves. De l’épée de Damoclès que j’avais sans arrêt au dessus de la tête. «Fais comme ci, fais comme ça».

J’allais enfin pouvoir vivre ma vie comme je l’entendais. Choisir ma déco. Décider de ne pas dîner. Aller boire un verre avec un collègue sans devoir me justifier. Prendre un chat. Mettre mes livres dans le salon. Et mes pieds sur la table basse. Prendre toute la place dans le lit. Choisir la couleur des murs. Baiser qui je veux.

J’étais libérée.