Je m’en vais

Je suis partie. Un vendredi soir.

large

Après une énième engueulade au téléphone, je suis rentrée, j’ai crié, pleuré, fais mon sac. Et je suis partie. D’abord me consoler dans les bras de l’amant n°15641865, puis chez une copine, où j’ai passé le weekend.

Le chocolat, le vin et le shopping m’ont aidé à me sentir mieux. À avoir le cœur un peu plus léger. Nos discussions durant deux nuits presque blanches m’auront fait prendre conscience qu’il ne servait à rien de s’acharner. Un peu plus d’une année déjà que je m’accrochais à cette relation, ce «nous» qui n’avait ni queue ni tête.

Il n’a pas cherché à entrer en contact avec moi de tout le weekend. J’ai donc décidé de rentrer le plus tard possible le dimanche soir. Je repoussais le plus possible ce moment. Pourtant il fallait que je rentre, il fallait que je prépare mes affaires pour ma semaine de boulot. Il fallait que je l’affronte.

Sans même un «Bonjour», un «tu vas bien ?», il a balancé un «je crois qu’il faut qu’on se sépare ?». Je ne voulais pas être encore celle qu’on quitte. Je n’ai jamais eu la force de quitter quelqu’un. Là, c’est comme si on ouvrait une écluse, tout a coulé (ou presque). J’ai glissé un «je serais partie plus vite que tu ne le penses». J’ai enchaîné sur «j’ai visité deux studios dans la semaine». Je crois que je lui ai coupé l’herbe sous le pied. J’ai vu ce que je ne voulais pas voir. Son visage qui se décompose. Ses beaux yeux bleus, tristes, et sa moue des mauvais jours. Mais je n’avais pas mal au cœur. Non au contraire, je me sentais toute légère. Libérée de mes entraves. De l’épée de Damoclès que j’avais sans arrêt au dessus de la tête. «Fais comme ci, fais comme ça».

J’allais enfin pouvoir vivre ma vie comme je l’entendais. Choisir ma déco. Décider de ne pas dîner. Aller boire un verre avec un collègue sans devoir me justifier. Prendre un chat. Mettre mes livres dans le salon. Et mes pieds sur la table basse. Prendre toute la place dans le lit. Choisir la couleur des murs. Baiser qui je veux.

J’étais libérée.

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