Amours sans suite

Dès le début, nous savions qu’aucune suite ne serait possible. Ou plutôt,  au début on ne pensait pas du tout qu’il y aurait de suite. Puis on s’est revu une deuxième fois. Tu as posé ta main sur ma cuisse, l’autre sur ma joue, tu as approché ton visage du mien et tu m’as embrassé. C’était doux, c’était tendre, c’était bouleversant.

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Puis on s’est vu une troisième fois, puis tout est allé très vite. Tu passais parfois le matin boire ton café et tu me regardais dans l’entrebâillement de la porte de la salle de bain alors que je me maquillais. Tu passais souvent entre midi et deux me « faire l’amour » comme tu disais. Tu passais rarement le soir, Madame t’attendait.

Nous avons joué à ce jeu dangereux pendant quatre mois et neuf jours. Tout ce temps passé à se sourire timidement, à s’ajuster l’un à l’autre « Ne me parle pas de ta femme. Alors ne me parle pas de tes conquêtes en soirée », à rire franchement, à faire l’amour aussi, à boire des cafés, à câliner, à parler de ta jeunesse, de tes regrets et de mes espoirs. Et ce temps passé à me demander si tu pensais à moi autant que je pensais à toi. Ce temps passé à attendre tes réponses. Ces soirs où je me suis couchée en pleurant. Ces kilomètres avalés avec les larmes qui coulent sur les joues. Ces moments de doute. Parfois de culpabilité. Ces moments où j’essayais de me raisonner. Toutes ces fois où tu m’as fais craquer. Toutes ces fois où tu as multiplié les efforts. Ces orgasmes, toujours en même temps.

Puis ce temps où mes réponses s’espaçaient. Ce temps où tu me manquais moins. Toutes ces fois où je ne t’ai pas proposé qu’on se voit. Ces fois où tu n’as pas insisté. Ces rendez-vous manqués, ces incompréhensions, mes larmes, ton désarroi, mon chagrin, ta tristesse. Cette journée que tu as bien voulu m’accorder. Je crois pouvoir dire aujourd’hui que finalement tu étais même plus content que moi d’y être.

Cent-trente jours passés, une petite parenthèse dans l’année 2016.

« La plus belle chose » qui te soit « arrivé depuis ces dix-huit derniers mois ».

Ce vendredi après-midi où comme d’habitude je t’ai écris. Je n’ai jamais su te parler. Ce vendredi où je t’ai annoncé que je voulais tout arrêter. Tu as entendu et compris mes raisons. Tu as pleuré et moi aussi.

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Vingt-quatre jours sans se voir. Et ce déjeuner au resto il y a quelques jours. La première fois depuis bien longtemps qu’on se voyait en public. Ton sourire, tes yeux qui tombent dans mon décolleté. « Je me noie dans un verre d’eau ». Parler de tout et de rien, écouter tes sous-entendus lourdingues et rire de bon cœur.

Mon appartement est plein de souvenirs de toi. Nous n’avons partagé ensemble que cent-trente petits jours. Ce n’est rien à l’échelle d’une vie mais je sais que je ne les oublierais pas.

Quand je reçois tes « Bonjouuuur, ça va ? » quotidiens, je sais que toi non plus.

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