Aujourd’hui j’ai 25 ans

Je revois l’adolescente que j’étais il y a dix ans. Celle pleine d’espoirs, de rêves, d’idéaux…

À 15 ans on se fait tout un monde de sa future vie d’adulte. On a pas le bac, ni le permis mais on s’imagine déjà autour d’un barbecue avec les copains, les enfants qui crapahutent à quatre pattes dans le jardin, avec un job épanouissant, une working-mum mariée à un homme cultivé et attentionné. Une belle maison, une belle voiture dans l’allée, un chat qui dort sur le perron et pourquoi pas un chien.

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Aujourd’hui, j’ai 25 ans et rien ne s’est passé comme prévu.

J’ai fais des études, je suis diplômée et salariée. Mais pas dans ma branche. Mais pas en CDI. J’ai arrêté la fac, puis repris sans conviction, obtenu un Bac+3, trouvé du taf, puis plus, puis j’ai enchaîné les « jobs alimentaires » parce que les sous ça ne pousse pas au fond du jardin. De toute façon je n’ai pas de jardin.

J’ai fais quelques boulots plutôt sympa, et je mesure la chance que j’ai de ne pas avoir des pieds de plomb quand je me lève le matin pour aller bosser. Mais c’est éphémère. Un jour – je ne sais pas quand – cela prendra fin et il faudra de nouveau se battre avec Pôle Emploi, chercher du boulot, connaître la déception des candidatures sans réponse, le stress des entretiens. Mais n’y pensons pas, aujourd’hui j’ai un job sympa, je suis entourée de collègues tout aussi sympathiques et je vis une expérience très enrichissante d’un point de vue humain et professionnel. 

J’ai aimé des hommes. Enfin je crois. Comment être sûre d’avoir connu l’Amour avec un grand A ? Toutes mes relations m’ont au moins permis de savoir ce que je ne voulais pas ou plus. J’ai fais des concessions, des sacrifices. J’ai été blessé, meurtrie, j’ai perdu confiance. J’apprends tout doucement à aimer de nouveau… Parfois j’ai peur de mal faire, de mal l’aimer… Dans ces moments-là je déteste ceux qui m’ont rendu comme ça. Je me déteste aussi, de toujours me poser mille questions, de ne pas lui faire confiance, d’avoir la peur au ventre plutôt que les papillons.

J’ai un chez-moi qui ne sera bientôt plus chez-moi. Je m’y sens bien, je l’ai aménagé à mon goût, j’aime y rentrer le midi, le soir, y recevoir du monde, regarder certaines pièces et me souvenir des bons moments qui s’y sont passés. Il n’est pas majestueux ni gigantesque, il est simplement mon reflet et le symbole de ma nouvelle vie. Il ne m’appartient pas mais j’ai comme l’impression que le destin me pousse déjà vers ailleurs…

Je n’ai pas de CDI, pas de grande maison, pas d’enfants, pas de chien, je ne suis pas mariée. Je n’envie rien aux autres. Je n’ai pas la vie dont j’avais rêvé mais ce n’est pas si mal que ça. Je suis fière du chemin que j’ai parcouru jusqu’ici. Si je continue sur cette voie, je n’ai pas peur du bilan des 35 ans.

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