Harcèlement ordinaire

Depuis que j’habite près du boulot, j’essaie de privilégier la marche ou les transports en commun plutôt que ma voiture personnelle. Pas forcément par soucis écologique, parce qu’à ma petite échelle, je crains que ça n’ait que peu d’incidences enfin bref, là n’est pas le débat.

Je voulais vous parler de ce que vivent beaucoup de filles/femmes : le harcèlement de rue.

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Un soir de fin d’été, je vais faire deux-trois courses à l’épicerie du coin et me vois gratifier d’un « nice tits » (qu’on pourrait traduire par « jolis nénés »). Le mec en question était un peu éméché alors je n’en ai pas tenu rigueur.

Puis j’ai pris le bus régulièrement. Rien qu’à l’arrêt de bus, il y a les mecs de la terrasse d’à côte qui te sifflent pour ton « boule », qui te demandent de ne pas « faire ta farouche », « d’enlever tes lunettes de soleil », « pour voir tes beaux yeux la miss », il y a les mecs qui passent en voiture et qui te regardent de haut en bas, certains trouvant excitants de se lécher les lèvres ou de t’adresser un clin d’œil. Puis ceux dans le bus qui se collent à toi, qui t’effleurent, qui te dévisagent, s’approchent de toi.

Ça me rappelle un retour de soirée quand j’étais étudiante : premier métro, vers 5h, je suis seule jusqu’à cette station où un jeune homme monte. Il me regarde, je baisse les yeux. Il s’approche, j’ai le ventre qui se tord. Il me parle, je ne réponds pas. Il me touche, j’ai un frisson d’effroi. Le métro s’arrête à une station, je descends et interpelle des agents du métro qui ne feront rien car le jeune homme en question dit n’avoir rien fait et « sans preuves, vous comprenez qu’on ne peut rien faire Mademoiselle » … Il y en a eu tout un tas, des mecs me suivant jusqu’à l’entrée de mon immeuble… Puis j’ai quitté la grande ville pour une plus petite où j’étais toujours accompagné d’un bon copain ou de mon mec.

Je ne pensais pas revivre cela un jour mais force est de constater que les lourdeaux sont toujours présents. Ça me mets en colère de savoir que comme moi, plein de filles ont certainement peur de rentrer seule de soirée. Souvent, j’appelle quelqu’un quand j’ai un long trajet à faire à pied sinon je serre fort mon sac contre moi et je marche d’un pas très très rapide en me retournant sans cesse pour voir si quelqu’un me suit ou non.

C’est con mais ça me fait penser à ce que m’a dit un jour mon mec : « Un garçon c’est bien mais j’aimerais trop avoir une petite fille à son papa ! ». S’il savait tout ce qui l’attend, pas sûr qu’il tienne les même propos…

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Sommes-nous trop exigeantes ?

Au cœur des discussions au bureau : les hommes. Les nôtres, ceux des autres, ceux qu’on croise dans la rue, ceux qui passe au bureau. Nous les critiquons, nous les décortiquons, nous les jugeons. Mais est-ce qu’on ne serait pas un peu trop exigeante ?

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Quand tu ne sais pas comment illustrer ton article, rabats-toi sur le chaton-mignon !

Ma collègue reproche à son mari de laisser traîner sa tasse dans l’évier,  la lavette sur la table basse, des livres à droite à gauche, d’empiler les tickets de carte bleu sans les trier ni les jeter. Elle lui reproche d’être tête en l’air, de lui faire répéter les même choses, d’oublier des fondamentaux lorsqu’il fait les courses… L., en concubinage depuis 24 ans, un enfant.

La fille qui occupe le bureau à l’étage reproche tout un tas de choses aux hommes qu’elle rencontre via des sites Internet. Ils ne savent pas ce qu’ils cherchent ou alors cherchent une copie de leur maman/de leur ex/de Clara Morgane ou d’Ariana Grande. Ils s’emballent, envoient des messages qui devraient lui faire plaisir mais qui en fait la font flipper car il est beaucoup trop tôt pour parler de certaines choses. M., mieux seule que mal accompagnée, sans enfant.

Celle du bureau dans les combles reçoit systématiquement le même message de son compagnon : « on mange quoi ce soir ?« . Et se demande toujours pourquoi il ne prends pas les devants, pourquoi il ne se fait pas confiance et pourquoi il ne prépare pas le dîner lui-même. C., en concubinage depuis 8 ans, un enfant.

Et moi… Je lui reproche de ne pas vouloir me présenter ses amis, de ne pas se montrer très engageant, de ne pas me demander pour qu’on soit « en couple » sur Facebook, de ne pas montrer sur Facebook qu’on est ensemble, de ne pas…

On leur reproche tout un tas de choses. Intimement, je pense qu’ils auraient tout autant de choses à dire à propos de nous. Sommes-nous trop exigeantes ? Pourquoi chercher la perfection quand soi-même on ne l’atteint pas ? Comment éviter ses reproches incessants ? De quelle manière transformer ces « défauts » pour qu’ils nous pèsent moins ?

Petite gens

Visiblement, vendredi j’avais un mauvais karma. J’ai été traité « comme une merde » par une de mes voisines et quelques heures après par une cliente. Autant te dire que je n’étais pas trop dans mon assiette vendredi soir.

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Je contextualise :

Il est 13h30, je descends de chez moi pour retourner bosser. Une voisine avec qui je me suis déjà pris la tête au sujet du stationnement sort en trombe de chez elle (en face de chez moi) et me hurle que je suis garée trop près du passage de son garage, qu’elle n’a pas pu se garer correctement parce qu’elle a une attelle au poignet et « vous avez déjà conduit avec une attelle au poignet ?!! ». Comme nous n’en sommes pas à notre coup d’essai toutes les deux, je suis moi aussi montée sur mes grands chevaux : 1) Je suis très bien garée, à au moins 30cm du poteau délimitant son entrée de garage / 2) De toute façon même quand il y a de la place elle n’est pas foutue de se garer correctement, elle empiète toujours sur deux places alors qu’elle a deux garages dans lesquels elle pourrait garer sa voiture mais qu’elle préfère entreposer les merdes que son ex-mari a laissé / 3) Non je n’ai jamais conduit avec une attelle au poignet et j’en ai rien à foutre qu’elle n’arrive pas à se garer, je suis dans mon droit. Elle est rentrée chez elle en maugréant que j’étais une « petite conne ». Grand bien lui fasse à cette dingo !

En milieu d’après-midi, trois clientes viennent pour un renseignement sur un tarif. Je leur répond que le service étant externalisé, je ne peux les renseigner mais je peux leur donner le numéro de téléphone. En 0 800. « On peut pas appeler avec votre téléphone ? » me répondent-elles en coeur, deux portants un sac BB de Lancel et la troisième un Hermès. #TeamRadines Je leur dis poliment non alors que j’ai bien envie de leur répondre autre chose. Pour être brève, je ne vais citer que les passages qui m’ont le plus touchés :

« Vous servez à rien quoi » (prends ça dans tes dents)

« Ça vous dérange si on téléphone là ? Au cas où vous n’auriez pas donné le bon numéro » (prends ça dans tes dents BIS)

« C’était quand même pas compliqué de nous renseigner sur un tarif » (Je vais pas le sortir de mon c**)

« Vous savez mon mari était connu » (ça me fait une belle jambe)

Où je veux en venir ? Je ne comprends pas ce comportement. Qu’est-ce qui motive les gens à rabaisser les autres ? Ils dorment mieux le soir ? Ils exultent de se sentir puissant ? On devient comme ça en vieillissant ? Je ne veux pas vieillir alors ! (déjà qu’avant je n’étais pas très branchée sur le principe…)