Faire cohabiter mes désirs et les siens

On veut notre nid d’amour. C’est pas pour tout d’suite mais on est curieux voyez… Alors on épluche Le Bon Coin. Mais personne ne m’avait prévenu que ce n’était pas de la tarte de choisir un chez-soi avec un boulet chéri !

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Quand je me cherchais un appart’, c’était clair je voulais du propre, du récent, du lumineux, UNE BAIGNOIRE et une cuisine équipée. Le reste, j’y allais au feeling. En dix jours, j’ai visité sept ou huit apparts mais j’avais toujours dans le coin de ma tête l’un des premiers pour lequel j’attendais une réponse.

Aujourd’hui ça se corse. Je ne suis pas seule à choisir. Et Monsieur me fait bien savoir qu’il a son mot à dire.

♥ C’est moche ce carrelage noir ! Comment t’as pu avoir un coup de cœur pour ça ?

♥ 800 balles et y a même pas de cuisine équipée !

♥ Nan mais en dessous de 80m² c’est mort ! (je l’ai désormais convaincu de commencer à  60m² TMTC le budget)

♥ On s’en fout de la baignoire ! (J’ai failli le quitter)

♥ Il craint ce quartier ! (j’y ai habité pendant deux ans je n’ai jamais eu de problème, trouve une autre excuse pour dire que tu n’aimes pas l’appart…)

♥ Il manque toujours un petit quelque chose c’est dommage

♥ T’as vu le montant des charges ??? C’est Versailles dans l’escalier ?

Ceci n’est qu’un bref aperçu des commentaires les plus fréquemment utilisés.

Ce qui m’a fait comprendre qu’il allait falloir qu’on réduise nos exigences afin de faire correspondre nos priorités respectives avec notre budget. À savoir : pièce de vie de 30m² minimum, cuisine fermée si possible, deux chambres, salle de bain avec baignoire, parquet, un balcon serait un plus (Coucou Stéphane Plaza si tu passes par là !). Tout ça pour un budget de trois mois de courses chez Auchan.

En somme, je crois que la définition même « d’aimer quelqu’un » c’est : sacrifier certains de ses désirs pour satisfaire ceux de l’être aimé.

C’est tout pour le moment !

 

Accepter le passé

Au départ, je voulais faire une rétrospective sur l’année 2016 mais je n’y arrivais pas, j’avais l’esprit trop pollué. Je ressasse beaucoup en ce moment. C’est pas nouveau, ça fait bientôt deux mois. C’est par vague, parfois je me sens bien, parfois je suis au plus bas.

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Je sais que c’est ridicule de se focaliser sur le passé, qu’il faut le laisser là où il est si on veut avancer. Je n’y arrive pas.

Je me dis que si je n’étais pas sorti avec mon ex, je n’aurai pas perdu ma meilleure amie. Parfois je zieute sur Facebook, j’aimerais qu’on fasse ensemble tout ce qu’elle fait avec d’autres ami(e)s. Au final, j’ai perdu ma meilleure copine et presque cinq années avec un mec qui ne me convenait pas (mais je ne m’en suis rendu compte qu’après).

Si j’avais tourné ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler, aujourd’hui j’aurai un CDI depuis plusieurs années. Dans une boîte où finalement j’étais très peu considérée mais bizarrement ce n’est pas sur ce point que je me focalise.

Comment ma mère a-t’elle pu supporter toutes ces années auprès de mon père ? Vivre avec une personne pour qui rien n’est jamais suffisamment bien, qui vous rabaisse constamment, vous fait croire que vous n’êtes bonne à rien. Pourquoi je n’ai pas eu conscience de tout ça ?

Accepter son passé mais aussi celui de l’Autre… Qu’il ait eu une vie avant. Avec une Super-Nana qui a son propre cabinet quand moi je cumule les CDD à droite à gauche. Me demander s’il a fait ça (et ça, et ça, et ça…) aussi avec elle(s). Aller jusqu’à lui demander s’il utilisait le même petit nom avec elle qu’avec moi.

Je suis un poil masochiste en fait. Plutôt que d’aller de l’avant je perds mon temps à me torturer l’esprit avec des conneries. Je cherche parfois à me rassurer en me disant que tout cela n’était pas vain. Qu’en perdant une meilleure copine, j’en ai gagné une autre. Que je n’ai pas de CDI mais que je fais un métier que j’aime. Même si c’est en CDD. Que ma mère a certainement voulu me protéger en me cachant tout cela. Que je ne suis pas Super-Nana mais que je dois être un peu super quand même, sinon Chéri ne m’aurait pas choisi…

PS : Dans les résolutions 2017, aller de l’avant, positiver, voir le verre à moitié plein…

Harcèlement ordinaire

Depuis que j’habite près du boulot, j’essaie de privilégier la marche ou les transports en commun plutôt que ma voiture personnelle. Pas forcément par soucis écologique, parce qu’à ma petite échelle, je crains que ça n’ait que peu d’incidences enfin bref, là n’est pas le débat.

Je voulais vous parler de ce que vivent beaucoup de filles/femmes : le harcèlement de rue.

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Un soir de fin d’été, je vais faire deux-trois courses à l’épicerie du coin et me vois gratifier d’un « nice tits » (qu’on pourrait traduire par « jolis nénés »). Le mec en question était un peu éméché alors je n’en ai pas tenu rigueur.

Puis j’ai pris le bus régulièrement. Rien qu’à l’arrêt de bus, il y a les mecs de la terrasse d’à côte qui te sifflent pour ton « boule », qui te demandent de ne pas « faire ta farouche », « d’enlever tes lunettes de soleil », « pour voir tes beaux yeux la miss », il y a les mecs qui passent en voiture et qui te regardent de haut en bas, certains trouvant excitants de se lécher les lèvres ou de t’adresser un clin d’œil. Puis ceux dans le bus qui se collent à toi, qui t’effleurent, qui te dévisagent, s’approchent de toi.

Ça me rappelle un retour de soirée quand j’étais étudiante : premier métro, vers 5h, je suis seule jusqu’à cette station où un jeune homme monte. Il me regarde, je baisse les yeux. Il s’approche, j’ai le ventre qui se tord. Il me parle, je ne réponds pas. Il me touche, j’ai un frisson d’effroi. Le métro s’arrête à une station, je descends et interpelle des agents du métro qui ne feront rien car le jeune homme en question dit n’avoir rien fait et « sans preuves, vous comprenez qu’on ne peut rien faire Mademoiselle » … Il y en a eu tout un tas, des mecs me suivant jusqu’à l’entrée de mon immeuble… Puis j’ai quitté la grande ville pour une plus petite où j’étais toujours accompagné d’un bon copain ou de mon mec.

Je ne pensais pas revivre cela un jour mais force est de constater que les lourdeaux sont toujours présents. Ça me mets en colère de savoir que comme moi, plein de filles ont certainement peur de rentrer seule de soirée. Souvent, j’appelle quelqu’un quand j’ai un long trajet à faire à pied sinon je serre fort mon sac contre moi et je marche d’un pas très très rapide en me retournant sans cesse pour voir si quelqu’un me suit ou non.

C’est con mais ça me fait penser à ce que m’a dit un jour mon mec : « Un garçon c’est bien mais j’aimerais trop avoir une petite fille à son papa ! ». S’il savait tout ce qui l’attend, pas sûr qu’il tienne les même propos…

Déconnexion en cours…

À force qu’on me le rappelle sans arrêt, j’ai bien dû me rendre à l’évidence : je ne prends plus le temps de faire certaines choses. Je dis toujours que « je n’ai pas le temps » mais je suis forcée d’avouer qu’en fait je ne le prends pas.

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Alors que j’habite désormais à 10 min du boulot (contre 50 min il y a quelques mois), je n’ai pas moins l’impression de subir le sempiternel métro-boulot-dodo. Ma vie va à 1000 à l’heure. Je bosse, je fais du sport, je sors, je fais de nouvelles rencontres, je fais mes courses, je cherche à aménager mon intérieur, je vais chez ma mère chaque weekend, je fais mon ménage, je vois quelques amis…

Ingrate, j’ai délaissé celles qui m’ont toujours soutenu. Elles ont toujours eu l’oreille tendue et une épaule pour pleurer lorsque ma vie déraillait complètement. Maintenant j’avance doucement vers le bout du tunnel. Ça me prend du temps, c’est indéniable. Je n’imaginais pas à quel point ça m’occuperait d’emménager (et d’aménager) chez moi, créer un nouveau cercle d’amis, apprivoiser ma nouvelle région… Pas eu le temps de penser à digérer ma séparation. Pas eu le temps non plus de dire aux copines que « oui oui, ça va, doucement, mais ça va ».

Je me suis déconnectée de ce monde. Dans quelques jours ça fera cinq mois que j’ai la tête sous l’eau. Mais si, vous savez, quand dans votre bain vous plongez votre tête et que vous n’entendez plus qu’un brouhaha sans distinguer quoique ce soit. C’est l’impression que me laisse ces derniers mois. J’étais là mais en fait je n’y étais pas. Bientôt six mois que je vis seule, c’est passé à une vitesse folle. Alors j’aimerais m’excuser, mais je n’ai pas les mots pour dire pardon. Pardon de t’avoir oublié alors que tu as toujours été là pour écouter mes lamentations. Pardon de ne plus t’écrire aussi souvent qu’avant. Pardon d’avoir pensé à moi, à ma vie, à la reconstruire et d’avoir oublié de t’y laisser une place.

Calais

Je te connaissais déjà, je passais souvent te voir. Admirer tes ferries depuis la jetée, déambuler sur la digue Gaston-Berger dans le froid de l’hiver, avec les premiers rayons de soleil du printemps, en plein été au milieu des touristes, buller en amoureux sur le sable, se promener au port. Le centre commercial à deux pas, l’Alhambra, les spectacles au Channel.

2015-12-28

Il y a quelques mois, j’ai décroché un boulot à Calais. J’allais désormais passée dix heures de ma journée dans la ville que j’aimais tant. J’allais pouvoir te découvrir davantage. À travers mon job bien sûr, mais aussi entre midi et deux. Et surtout, j’allais pouvoir errer avec ma solitude sur ta plage.

Au début, il y a eu l’exaltation. La nouveauté, la soif de te découvrir, toutes les opportunités qui s’offraient à moi. Les craintes des autres, je m’en foutais bien. Moi, les migrants je les vois tous les jours. Ils passent devant mon boulot, je les croise quand je vais me chercher à manger. Parfois ils rentrent et me demandent « where for the photo ? ». Ils s’excusent quand ils me bousculent. Je les vois sur les bords des routes, à travers les étendues plus si verdoyantes.

Je ne supporte pas qu’on mette les migrants que je « côtoie » dans le même panier que ceux qui « foutent le bordel ». Je comprends que l’on puisse être à bout, quand on subit les désagréments au quotidien, mais ce pourraient être d’autres désagréments, comme ceux que j’ai pu subir par de « bons petits français » : musique à fond, odeur et mégots de joints dans les parties communes, dégradations du véhicule, harcèlement moral…


Il y a quelques semaines, j’ai décidé d’aller vivre à Calais. Pour des raisons financières en premier lieu. J’aurai pu choisir une ville environnante, à proximité de Calais. Ça aurait sans doute rassuré Maman. Mais c’est bien toi que j’ai choisi, Calais.

Le matin, quand je me réveille et que je suis encore dans mon lit, j’entend les mouettes. C’est un délice. Si je me mets sur la pointe des pieds depuis la fenêtre de ma chambre, je vois même un peu la mer. Quand il y a beaucoup de vent, des petits grains de sable glissent sur le trottoir en bas de chez moi. Le samedi, il y a le marché Place d’Armes. Un air de petit village au coeur d’une si grande ville. On voit les côtes anglaises par beau temps.

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Je voudrais simplement vous dire que ce que vous voyez à la télévision n’est pas la vérité. J’aimerais vous faire comprendre qu’à Calais aussi la vie est belle. Il n’y a pas que des migrants et des gens qui en ont ras-le-bol. Il n’y a pas que des manifestations qui tournent mal comme on a pu le voir récemment. Il y a aussi des gens qui aiment leur ville et qui le disent. Il y a moi ! Alors même si parfois j’ai un peu peur quand je rentre tard le soir, je n’ai pas plus peur que quand j’habitais ailleurs. J’ai surtout de la peine. Pour ces gens qui ont parcouru des milliers de kilomètres, qui ont souffert, abandonné ou perdu des membres de leur famille, et qui se retrouvent bloqué ici, à Calais, parce qu’un jour on a décidé que le contrôle de la frontière britannique se ferait à Calais et non pas sur le territoire anglais (cf: Accords du Touquet, 2003). Mais j’ai encore plus de peine pour ces gens qui ont oublié de penser avec leur cœur. Qui sont emplis de haine, de rage, de colère. Ils ont oublié d’être humain, et ça c’est triste.

Anachronisme

On s’en étonne encore, mais chaque année, c’est la même chose. Halloween est à peine passé, les pomponnettes des cimetières pas encore fanées que déjà les hypermarchés ont installé les dix-huit-mille-quatre-cent-cinquante références de jouets, les catalogues traînent sur les tables basses des foyers, et tenez-vous bien, jeudi les employés municipaux installaient les illuminations de Noël. Le 29 octobre !

Je déteste cette course perpétuelle.

Début juillet, on retrouve déjà les affaires scolaires. En Février, les chocolats de Pâques.

Encore plus, je déteste l’hiver, les fêtes de Noël et tout ce qui va avec.

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La technique du chat trop mignon pour te faire avaler la pilule !

Bien sûr que j’ai le cœur qui fond devant la beauté des illuminations de Noël. Évidemment j’écume les marchés de Noël et autres Galerie Lafayette pour être certaine d’être dans le mille et de faire plaisir.

Mais pour moi Noël ça rime avec repas de famille interminables, marathon de la bouffe, chez maman, chez belle-maman, chez mamie M et mamie E, trop de bulles, trop de foie gras, trop de bûches au cointreau (en revanche ça ne rime pas avec « trop de sous » va savoir pourquoi). Sans oublier que je vais encore devoir me farcir (-> Noël -> Dinde -> farcir. Faut suivre bon sang !) Tonton Marco et ses blagues lubriques (Il a osé dire à mon mec « avec des miches pareilles, tu ne dois pas t’ennuyer ! », voilà voilà…).

Me voilà entrain de faire ce que je déteste, je vous parle de Noël en novembre !

Dans un monde parfait

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une imagination débordante et un côté rêveuse.

Sans pour autant m’inventer une vie parallèle qui serait mille fois mieux que la réelle, j’ai une légère propension à l’excès (hypersensible bonjour).

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Moi quand quelque chose dont j’ai rêvé se produit dans la vraie vie.

Alors aujourd’hui j’ai envie d’écrire un billet sur ce que serait mon monde parfait, si tout pouvait aller comme sur des roulettes, et que j’étais ce dont j’ai toujours rêvé depuis toute petite. J’ai été bercé par les séries américaines, avec une vie top moumoute (il n’y a que dans les Frères Scott que tout le monde a une villa de ouf après le lycée) et des paillettes plein les yeux, alors oui, sans doute que ma vie idéale n’est qu’un château de cartes, mais on s’en fout, c’est un rêve !

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